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LE MONDE DE WAPITI74 |
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Quelques petits liens vers mes carnets de voyage, actuellement publiés sur www.voyageforum.com
August 03 Québec, je me souviens... (IX)Gaspésie, là où finit la terre…
De la Gaspésie, je garde le goût d’un coin de paradis. Surtout en son extrémité, sa pointe, son « bout du boutte ». Dès notre première rencontre, le coup de foudre fut immédiat. Un coup de cœur, immense, inoubliable ! Trop beau, trop intense, trop court. Trente-six heures à peine au cœur d’un périple énorme et très speed. Arrivés en fin de journée, dévorés par les mouches noires, fatigués et fiévreux, nous avons été charmés et choyés par Gilles et son équipe à l’A.J. de Cap-aux-Os, à l’accueil si extraordinaire. Une rapide rando au Cap Gaspé, une virée en vélo écourtée faute à mon épuisement me condamnant à une pause plage solitaire, « seule sur le sable, les yeux dans l’eau… », une visite éclaire aux castors, une veillée diapos et aurore boréale et nous voilà à nouveau repartis vers l’ouest pour de nouvelles découvertes. Une promesse face à la baie de Gaspé : je reviendrai dans ce bout du monde québécois, en prenant mon temps. Promesse tenue, même si j’ai toujours eu l’impression de ne jamais consacrer assez de temps à ce finistère, Gaspésie qui « finit la terre » en langue des indiens Mic Mac.
La Gaspésie, c’est d’abord…La Gaspésie, c’est d’abord une route magnifique sur sa côte laurentienne au nord, avec son chapelet de villages colorés. C’est une longue route qui mène au Parc Forillon, à l’extrémité orientale de la pointe gaspésienne. Et cette route du bonheur commence pour moi bien avant d’entrer dans la région administrative, « officielle », de Gaspésie. Dès le Bas-St-Laurent, dès les environs de Rivière-du-Loup, il me semble entrer dans cette univers magique...
Ne nous arrêtant que pour de toujours trop courtes pauses, c’est essentiellement en roulant que nous absorbons du regard ce paysage côtier et son chapelet de villages de pêcheurs aux maisons colorées et aux petits ports où gîtent quelques embarcations. C’est encore le fleuve, c’est déjà la mer. Le bleu profond des flots crêtés d’écume blanche s’harmonise aux tons ocres ou noirs des rochers et grèves, et aux verts des collines herbeuses ou boisées. Plus nous avançons vers l’Est et plus ce paysage est maritime et accidenté.
Et chantent les noms qui défilent sur la carte et les panneaux : L’Isle-Verte, Trois-Pistoles, Le Bic, Rimouski, Mont-Joli, Petit-Métis, Baie-des-Sables, Matane, Grosses Roches, Cap-Chat, Les Méchins, Capucins, La Martre, Marsoui, Ruisseau-à-Rebours, Anse-Pleureuse, Ste-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine, Grande-Vallée, Rivière-au-Renard…
Et danse le paysage, au gré des montées et des descentes quasi-rectilignes et parfois abruptes, comme si notre véhicule lui-même voguait sur une forte houle aux vagues crêtées de verdures et aux creux habités de charmants petits villages. Et s’émerveillent les passagers au basculement du haut d’une côte ou au détour d’un rare virage, à la contemplation du bout de paysage suivant.
Et s’enivrent les voyageurs de ces fragrances marines qui les atteignent et les submergent, apportées par ce vent qui n’a de cesse de fouetter leurs visages avides à travers les vitres entrouvertes... ou au cours de ce très agréable arrêt pique-nique sur les rochers à fleur d'eau des Méchins ; simplement délicieux.
Et si bonnes ces courtes pauses, si belles ces images qui restent gravées sur les rétines et les pellicules... Du côté de Cap-Chat, côté terre avec son champs de pales aériennes qui chantent et son impressionnante éolienne à axe verticale, et côté mer à débusquer du regard le fameux rocher dénominatif. Au pied de l’immanquable phare de La Martre, éclat de rouge sur bleu océan et vert de pelouse. Du belvédère de Mont-Saint-Pierre, sympathique baie et son tourbillon estival de voiles multicolores. Beauté pure de Ste-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine, belle harmonie de maisonnées et phare éclatants d'une blancheur soulignée et ponctuée du rouge lumineux de leurs toitures ; simplement apaisant. July 23 Québec, je me souviens (VIII)Québec .../... Québec ne se limite pas à sa vieille-ville connue mondialement. En prenant un peu de hauteur on découvre une ville et sa banlieue construites sur le modèle américain, avec ses quartiers résidentiels parfaitement alignés et taillés au cordeau. Peu de bâtiments en hauteur en dehors du quartier abritant les institutions politiques de la province.
Parmi ces quartiers, il en est un que nous avons visité : la réserve indienne Wendake-Huron. Nos clichés et préjugés ont vite volés en éclat au cœur de ce quartier typiquement québécois. Rues de maisons semblables aux autres, avec pour seules distinctions ces plaques de rues en bois portant une triple inscription en langues française, anglaise et huronne… boutiques d’artisanat amérindien, et petit village de tepees reconstitué, autochtones amérindiens indissociables de leurs confrères d’origine européenne. Savant mélange de modernité, d’intégration et de conservation de leur culture ancestrale… semble-t-il.
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De Québec, je préfère me souvenir…
Me souvenir de quelques heures de promenade sur ses Plaines d’Abraham, dans la douce chaleur d’un après-midi estival aux buissons fleuris et bancs ombragés accueillants, dans un jour éclatant de soleil et de froid hivernal au milieu de l’animation carnavalesque, dans la solitude d’une tempête de neige printanière tardive. Pendant les minutes suspendues à l’observation silencieuse et immobile du trou de la marmotte curieuse qui finira par sortir son museau, ou celles amusées à regarder la course effrénée dans les arbres des petits gris joueurs.
Me souvenir de ces déambulations tranquilles dans les rues aux façades propres et alignées de maisons serrées aux toits colorés qui nous menaient de portes en remparts, de canons à château. Dans la bruyante effervescence du Carnaval de février aux magnifiques sculptures sur glace qui parsèment la ville, dans la cohue touristique de juillet-août ou dans la tranquillité d’une journée fraîche d’avril. Noms de rues évocateurs, perspectives photogéniques, plaisirs des yeux… Du côté notamment de la Place Royale avec ses maisons de pierres, son ensemble appelé Maison Chevalier, son église Notre-Dame de la Victoire et sa plus récente et étonnante Fresque des Québécois. Du côté de l’escalier Casse-Cou à emprunter avec prudence pour descendre dans le Petit Champlain avec ses enseignes anciennes qui décorent les façades et son atmosphère si particulière….
Me souvenir de ces visites dans ses églises et ses nombreux petits musées divers et variés, de qualité variable à mon goût… Mais dont le point d’orgue restera toujours pour moi son Musée de la Civilisation et surtout son exposition permanente « Mémoires »...
.../...
Québec. J’aurais aimé passer mon année d’étude dans l’enceinte de cette ville. J’ai toujours eu le sentiment d’y passer trop rapidement. Je regrette de n’avoir jamais pu prendre le bac pour la rive opposée afin d’admirer le lever du soleil sur la ville…
Un jour peut-être, si je reviens dans ce coin-là… July 09 Québec, je me souviens (VII)Rencontres
Les ours, nous en avons beaucoup entendu parler. Au parc Algonquin, au Mont Tremblant, en Gaspésie… Nous avons pris connaissance et appliquer les règles de base en matière de campement sauvage, de protection de nos denrées et de nos vies. Nous en avons vus de nombreuses traces, troncs écorchés où des touffes de poils s’accrochent encore, branches cassées, traces profondes laissées dans la boue… Nous en avons même entendu un jour un, ou plutôt une, grogner. Pascal aura été le seul à l’avoir vue dans le sombre sous-bois, à quelques mètres de ses petits ; jalousie. A défaut de les avoir rencontrés, un autre jour que nous étions partis expressément à leur recherche, nous avons fini l’après-midi dans une clairière, à dilapider leurs réserves de baies… Orgie de framboises, quel régal ! Belle vengeance. Quatre ou cinq caribous croisés sur les sommets pelés du Mont Jacques Cartier en Gaspésie. Assaillis par les maringouins et autres brûlots, nous avons trouvé ces rennes plutôt faméliques, au pelage sale et abîmé, aux bois cassés ou manquants, aux déplacements apparemment erratiques. Triste spectacle. Et pourtant quelque chose en nous rayonnait de plaisir de les avoir rencontrés ce jour-là. Au retour d’une belle journée au parc Forillon, du côté du Cap Gaspé, deux rencontres surprenantes : une faisanne qui traverse tranquillement le sentier sans se préoccuper de nos pas, et une marmotte en pleine course folle pour se terrer derrière un monticule d’où elle ne bougera pas à notre approche, nous observant craintivement. Mais que fait une marmotte entre falaises océaniques et forêt, à moins de 200 mètres d’altitude ? En tout cas, montagnards que nous sommes, pour sûr que c’était bien une marmotte ! Après une belle marche sur le sentier des Mousses, dans les ombres, la fraîcheur et la quiétude des sous-bois et de la forêt de conifères, déboucher en plein soleil sur le haut de la falaise de l’île Bonaventure et se retrouver confronter à… ça !
Puanteur de guano qui vous prend à la gorge. Cacophonie suprême et assourdissante de becs lancés vers le ciel, qui se mêlent et s’entremêlent. Parterre mouvant de plumes blanches, de têtes jaunes, de becs gris, de queues et pattes noires. Ça se dispute, ça discute bruyamment, ça roucoule, ça réclame… Ça s’envole en hésitant et frappant des ailes les voisins, ça atterrit lourdement dans un petit espace entre deux autres, ça s’embecquete à tout-va, ça danse du cou et du bec en couple, ça cajole un petit tout en duvet blotti entre les pattes parentales… Plus haut, plus loin, ça vole en tout sens, ça fonce en piqué dans les eaux bleu foncé de l’océan, ça en ressort avec un poisson qui frétille encore et brille au soleil… Vision extraordinaire d’une ahurissante colonie de fous de Bassan, que malgré l’odeur et le bruit, on pourrait passer des heures à observer, à photographier. Tant de tendresse dans ces danses de couples et cajoleries parentales, tant d’agressivité dans ces relations de voisinage, tant de précisions dans ces décollages et atterrissages acrobatiques, tant de beauté dans ces vols et ces plongeons… Quand enfin on s’éloigne un peu de cette colonie, c’est pour apercevoir plus bas ou plus loin sur la falaise, des milliers d’autres oiseaux maritimes : canards, mouettes, sternes, grèbes, goélands, guillemots, macreuses, macareux, cormorans… En vol, dans un bel exercice de plongeons ravitailleurs, tranquillement posés à la surface et bercés par la houle, perchés sur un rocher les ailes déployées à sécher, posés dans leurs nids accrochés aux rochers… Le retour par le Chemin du Roy nous offrira encore quelques belles rencontres, notamment avec la faune et la flore forestière et dans les prairies côtières...Atmosphères plus calmes, reposantes après tant d'agitation aviaire. Les Escoumins. Du lieu, je n’ai aucun souvenir, tout juste une brève image de l’embarcadère du petit port et du bungalow joliment peint aux lettres de la compagnie TGB. July 05 Québec, je me souviens (VI)En canots
A une centaine de kilomètres au nord-ouest de Montréal, nous sommes partis à la rencontre de l’identité profonde du Québec, au Parc du Mont Tremblant. Nous avons troqué là véhicule, bagages et papiers contre trois canots qui devaient nous permettre de vaincre en trois jours la rivière de La Diable, loin de toute civilisation, en pleine nature sauvage. Il est très difficile de décrire l’expérience. Raconter les événements de notre expédition ne pourrait faire sourire que ceux qui y ont participé : descente de rapides, traversée de lac (par vent force au moins 7 !), averse surprise à la montée des tentes, raviolis et guimauves au feu de bois, joutes nautiques, histoires de chaussettes, de kleenex, de bûcheron… simples moments entre amis. Décrire les paysages rencontrés me semble impossible. Je n’ai pas les mots, je n’ai pas l’art d’écriture d’un Bernard CLAVEL. Au mieux pourrais-je vous joindre quelques photos. Et encore, ces images sont-elles fixes, insonores, inodores et ne rendent pas entièrement les luminosités particulières. Je me dois d’essayer tout de même… La Diable est une rivière à l’humeur changeante, se la coulant douce entre ses rives proches, un moment transformée en zone marécageuse. Humeur régulièrement nerveuse offrant des rapides à la longueur, la profondeur et la violence variables. Pleine de surprise, s’ouvrant soudain sur un lac de plusieurs hectares battus par les vents, ou sur des chutes vertigineuses. Son eau est aux mains d’un peintre jouant de sa palette : tantôt noire, plus souvent dans les verts, vert lagune et vert profond, parfois clairement bleue, un moment violette sous l’effet de la luminosité d’un soleil couchant… Eau plutôt fraîche, pour ne pas dire froide, ailleurs beaucoup plus tempérée et agréable à la baignade. Les rives sont composées d’une forêt dense d’épinettes ou d’essences multiples, forêt typique d’Amérique du Nord. Ici, une zone couverte de joncs où les maringouins pullulent. Un peu plus loin, une petite plage de sable ou de galets. Vert dominant. Camaïeu de verts, du plus sombre au plus tendre. Au-delà, peu de lignes pour arrêter le regard : le Québec n’est que très peu montagneux sur son flanc ouest. Au mieux apercevons-nous quelques collines verdoyantes. L’horizon, rarement bleu durant notre séjour, mais chargé de nuées orageuses, se colore régulièrement de gris et violets et vire à l’orange en soirée. La voûte céleste si pure nous a servi de baldaquin durant ces nuits fraîches et courtes. Une dimension sonore. Le bruit de nos canots glissant tranquillement à fleur d’eau au rythme irrégulier de nos pagaies. Le chant naturel de la Diable variant au gré de ses humeurs, tendre murmure des eaux langoureuses, clapotis contre les berges, chant guilleret des rapides ou rythme imprimé des flux et reflux maritimes sur le lac. Le bruissement permanent de la forêt alentour, transformé en grincements et gémissements sous l’orage qui nous envoie une pluie crépitante sur nos capes de pluie et toiles de tentes. Le vent assourdissant durant la traversée du lac. Les marques de présence des autres êtres vivants de ces bois : vrombissements des quelques maringouins croisés, envols et conversations d’oiseaux de toute espèce, renâclement d’un orignal et course d’un wapiti dérangés par notre arrivée, hurlements nocturnes des loups, frôlement et reniflement des tentes par des visiteurs non identifiés aux pattes de velours… Les appels d’un canot à l’autre, les rires, le crépitement du feu de bois, le souffle du voisin de tente, l’insistance régulière de la goutte qui perle à la couture du dôme et s’écrase dans la timbale destinée à la recevoir. Fermez les yeux, respirez profondément. Fragrances de bois mouillés, de résine, de mousse, de terre. Effluves d’eaux stagnantes. Air vif et pur apporté par le vent. Senteur typique annonciatrice de la pluie qui arrive. Relents de passages animaliers. Odeurs de feu de bois qui imprègne tous les textiles, fumée généralement âcre et irritante, parfois aux essences très parfumées, après le repas un temps sucré par les guimauves qui fondent. Délicieux fumet qui se dégage de la marmite posée sur le feu… petit goût de brûlé quand la cuisinière a oublié sa surveillance rapprochée. Emanations d’humidité stagnante dans nos sacs, dans les tentes trop rapidement pliées le matin, et doux parfums de chaussettes qui accompagnent nos nuits… Non, il faut le vivre pour le percevoir dans sa réalité et toute sa magie. Mes mots sont loin d’être à la hauteur de cette beauté offerte à tous les sens. Je pense que c’est dans ces lieux que l’on comprend la nature profonde du Canada et que l’on commence à appréhender ce qui a façonné son peuple à la culture si particulière. Un peuple empreint de respect devant cette nature immense et sauvage à peine conquise par ses pionniers aventuriers. Cette nature qui dicte sa loi au rythme des saisons, qui ne pardonne pas l’erreur, qui est si belle et forte et pourtant si fragile devant l’instinct d’appropriation et de destruction de l’Homme. Cette nature qu’il faut absolument respecter et protéger. En guise de conclusion, je reprendrai une phrase qui n’est pas mienne : « Quiconque prétend connaître le Canada sans avoir un jour navigué en canot sur ses lacs, ne dit pas la vérité. » July 04 Québec, je me souviens (V)Un collier de perles
Le Charlevoix, comme un collier de perles. Perles de villages, perles d’îles, perles de petits coins où il fait bon s’arrêter un instant. Perles de beauté, de magie, de rencontres. Dans quel sens vais-je le dérouler sous vos yeux ? Dans le désordre. Montmorency Ma première rencontre avec les chutes Montmorency s’est faite « par le haut », en été. Le point de vue offert vers l’est est impressionnant : la fracture naturelle, la courte plaine et le Saint Laurent avec son île d’Orléans, la côte est du fleuve fondue dans la brume. Il nous fallait descendre pour contempler ces chutes « d’en bas ». 384 marches de bois sur le flanc gauche de la cataracte, pour un point de vue autrement impressionnant. Plus hautes que les Niagara, ces chutes n’en sont pas moins beaucoup plus étroites, et surtout creusées dans une roche noire complètement dénudée. Pratiquement pas un arbre, pas une touffe d’herbe, la roche à nu. Et loin des verts bleutés de la chute ontarienne, l’eau qui gicle dans un vacarme assourdissant est jaunâtre. Cette fois encore, ce n’est pas de beauté dont je parlerais, mais d’une admiration devant ces forces naturelles si puissantes.
Les Chutes Montmorency ne sont belles qu’en hiver. Quand vous arrivez par en bas, seule avec un ami, à pied le long de la voie, après avoir essuyé une bordée de neige glaciale, et que vous découvrez un paysage bien différent. Un tableau en noir et blanc aux reflets bleutés sous la percée d’un timide rayon de soleil. Le quasi-silence. Parce que l’eau ne coule plus, ou tout au moins ne coule plus à l’air libre. La chute est prise dans une gangue de glace, stalactites majestueux, tout en hauteur, collés les uns aux autres, et soudés aux stalagmites de la base. La retenue d’eau à ses pieds n’est qu’une immense plage de glace couverte d’une épaisse couche de neige sur laquelle les admirateurs que nous sommes avançons pour gagner le « pain de sucre », cet amas d’embruns gelés qui finissent par constituer un dôme de neige, assez solide pour être escaladé et offrir une belle piste de luge aux enfants, petits et grands.
Oui, les Chutes Montmorency sont très belles en hiver. Un véritable cadeau de la nature qui s’enrichit encore quand le soleil joue avec les flocons virevoltant et nous offre en sus un magnifique arc-en-ciel au premier plan. Port-au-Persil Un peu plus au nord, Port-au-Persil, un souvenir d’enchantement.
Petite rivière se jetant en escalier dans le fleuve à proximité du petit port de pêche. Reflets du soleil sur cette eau pure au chant mélodieux. Personne. Que nous, et quelques oiseaux qui barbotent sur la grève. Cadre enchanteur, calme apaisant. La photo prise à cet endroit ce jour là est une des plus réussies de ce voyage. La pause fut une des plus réparatrices même si elle fut brève, trop brève. Encore un emprunt, mais tellement proche de ce que j'ai pu ressentir ici : « S'arrêter dans cet espace, c'est faire le détour pour retrouver le temps qui prend son temps. Mais c'est aussi s'arrêter en soi-même. Retourner à soi. S'offrir ce lieu où, pour un instant, tout recommence. » Sabine Anctil L’île d’Orléans
« Pour supporter Le difficile Et l'inutile Y a l'tour de l'île Quarante-deux milles De choses tranquilles » Félix Leclerc Qu’il fait bon en faire le tour tranquillement, pour apprécier ses petits villages de maisons de pierres, ses vieilles fermes entourées de prairies, ses petites chapelles et églises, ses bois, chênaies et érablières, ses vignobles et pommeraies, sa côte laurentienne… Prendre le temps de s’arrêter en haut d’une côte, au sommet d'un observatoire, ou au bout d’une jetée de grosses pierres pour contempler ce petit bout de terre si fertile, les eaux grises ou bleues selon le temps, les rives proches ou lointaines, nettes ou perdues dans la brume. Prendre le temps d’une balade sur un petit sentier au milieu des champs, le long d’un petit ruisseau et de son corsage de fleurs multicolores et délicieusement odorantes… jusqu’au petit bois d’érables qui cache une meute de chiens de traîneaux en vacances de neige, mais pas de caresses. Prendre le temps d’une cueillette de gourmandes. Prendre le temps d’une nuit à l’auberge du P’tit Bonheur qui porte si bien son nom, havre de douceur et de chaleur dans ses vieilles pierres tricentenaires ceintes de verdure, sur la butte, avec la vue qui porte loin… Prendre le temps au cours d’une fraîche et ventée journée de printemps aux nuées chargées ou dans la douceur d’un été ensoleillé qui, ici, se respire plus aisément grâce à la « mer ». Qu’il aurait été agréable d’y séjourner un peu plus que les quelques heures que j’ai pu lui offrir, ou plutôt m’offrir, au cours de mes circuits. Qu’il aurait été agréable de revenir sur cette île en automne, sous la féerie des couleurs canadiennes, ou en hiver, pour goûter à la saveur de ce joyau pris dans les neiges et les glaces. Un jour il faudra bien remédier à ces « qu’il aurait été agréable… » ! Baie Saint Paul, capitale artistique du Québec paraît-il. Le site en lui-même ne peut qu’inspirer l’artiste. Ceintes de collines verdoyantes, une crique où reposent quelques embarcations, et une petite ville aux maisons colorées autour de son clocher. La vue est belle du belvédère du Centre d’Interprétation, sur la colline. Les œuvres sont belles au centre d’exposition, au centre-ville. Panel de paysages réalistes ou impressionnistes aux tons pastels ou lumineux. Ici, une scène de vie de Baie-St-Paul, là un éclat de campagne québécoise, plus loin la « mer » qu’est le St Laurent. Baie St Paul, pause artistique très appréciée. L’Ile aux Coudres, comme une promesse non tenue. Par deux fois prévue au programme, par deux fois ignorée faute de temps. Une perle d’île encore à découvrir. "Qu'il aurait été agréable..." Ste Anne de Beaupré.
Quand les cars de touristes et pèlerins sont partis en fin de journée, ou pas encore arrivés au petit matin. Sa Basilique est alors pour nous seuls (ou presque).
Imposant édifice de pierre grise avec ses deux flèches de 91 mètres de haut. Imposante nef aux blanches colonnes menant aux plafonds magnifiquement sculptés, décorés, avec ses autels et ses vitraux de toute beauté. Dans la tranquillité d’une heure creuse, sans bondieuserie excessive, il est toujours agréable de se promener au cœur de cette basilique. La plénitude nous envahit quand en plus nous gardons sur les oreilles le casque d’une petite boîte à musique diffusant l’Ave Maria païen par Hélène Ségara. Ce sentiment de bien-être s’accentue encore quand nous descendons au sous-sol, dans la chapelle de l’Immaculée Conception. Voûte au bleu lumineux envoûtant, murs tapissés de fresques splendides, recueillement et douce impression de temps suspendu, de paix intérieure qui coule doucement en nous… Il est des lieux, des couleurs qui résonnent en nous, sans pour autant êtres croyants pratiquants... St Siméon et le souvenir de quelques heures d’attente d’un traversier, assis sur le sable chaud de la plage aux eaux très fraîches où seuls les plus courageux ont osé se tremper… Ruban d'asphalte rectiligne qui monte et descend de collines en collines dans la campagne québécoise, entre bois, forêts d’épinettes, champs… et qui laisse entrevoir les montagnes de l’arrière-pays. Route panoramique du fleuve qui offre une vue imprenable sur le fleuve et se termine sur le bac de Baie-Ste-Catherine. Tous ces villes et villages trop rapidement traversés ou oubliés, aux noms qui chantent à nos oreilles… Saint-Tite-des-Caps, Les Eboulements, Baie-des-Rochers, St-Joseph-de-la-Rive, Pointe-au-Pic, Saint-Aimé-des-Lacs… Tous ces villages, ces îles, ces fonds de vallons, ces territoires de l’arrière pays aux promesses de nature, de beauté, d’accueil simple et chaleureux, que je n’ai pas encore eu l’occasion de découvrir… Tant de perles que j’espère pouvoir un jour ajouter à mon collier.
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Ces petites phrases qui me parlent
Au-delà des espaces perso de mes ami(e)s, voici quelques sites amis que je recommande
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